Que savent les ombres ?

Chroniques vagabondes

Alors que le soleil dort

Jour d’hiver, mois de janvier. Emmitouflée sous une épaisse couette, une jeune femme sommeille. Elle rêve. De ces rêves que rien ne vient troubler, rythmés seulement par le battement de son cœur et le cycle de ses respirations. Les paupières clauses, un imperceptible sourire aux lèvres, elle paraît envoûtée par l’enchantement de ses songes. À cet instant précis, le calme semble s’être emparé de la pièce pour l’éternité.

Lorsque le réveil s’allume, elle lance avec précision son bras en direction de l’appareil et l’éteint dans un soupir de soulagement. Ouf. Le rêve est sauf, le tintement de l’alarme n’a pas eu le temps de la sortir suffisamment de sa torpeur. Elle est à nouveau endormie. Ce faisant, quelque part, dans un endroit secret d’elle-même, Léa s’active. Parle. Voit. Ressent.

Dans la cuisine, le café noir s’écoule en un ronflement typique. L’odeur de la brioche tout juste cuite se répand doucement. Léa dort. D’un sommeil enivrant.

Dans une valse silencieuse, les odeurs se mélangent, se propagent, traversent lentement le petit salon qui mène à sa chambre, cherchent subtilement à la tirer du sommeil. Délicatement, son inconscient la pousse alors à la lisière de la conscience. Des réminiscences chuchotent à son oreille. Elle enfonce la tête dans l’oreiller. Des pensées trop concrètes s’immiscent dans son esprit. Léa les repousse, cherche à reprendre le fil de son rêve mais il a perdu son sens. Léa soupire. Elle ouvre les yeux.

La jeune femme se redresse. Assise au bord du lit elle s’étire un moment, fait lentement rouler sa tête de gauche à droite, puis de droite à gauche, avant d’enfiler un large t-shirt et un mini-short. Ses pantoufles panda la mènent jusqu’à la cuisine où elle se sert le petit-déjeuner. Le café dans la main gauche, une tranche de brioche dans la droite, Léa avance jusqu’à la fenêtre, givrée par endroits. Le matin est brumeux et froid. Le soleil n’est pas encore levé. Léa trouve particulièrement affligeant de devoir se lever alors que le soleil dort encore. Elle soupire. Tout en grignotant, elle tente de se remémorer ses rêves intrépides. En vain. Comme toujours ils lui échappent et elle les regarde distraitement filer à un endroit auquel elle n’aura jamais accès. Léa prend place à table et attrape son téléphone. Son regard est alors attiré par un petit carré de papier rose où ont été griffonnés en hâte quelques mots : « Tu es si belle quand tu dors, je t’aime ». Elle sourit, la journée promet d’être belle.

Crédit photo : Albertoadan

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